Interview de Catherine Coupet

Bonjour Catherine Coupet. Vous êtes à la présidence du groupe Up depuis septembre 2014. Votre groupe, depuis 2 ans, s’est engagé dans de profondes transformations. Effets d’annonce ou vision prospective ?
Bonjour.
En fait ni l’un ni l’autre : c’est déjà une vraie réalité économique et une formidable aventure humaine qui se poursuit. Cette transformation est double : celle de nos offres d’abord qui grâce au numérique nous permet plus de proximité et de valeur partagée avec nos communautés : nos clients, nos commerçants, et nos bénéficiaires.
Mais c’est aussi une transformation en interne, car nous sommes nés d’une entreprise pas comme les autres, une coopérative, et nous avons la volonté de déployer ce modèle coopératif à l’ensemble de nos filiales.
Aujourd’hui, nous relevons le défi de faire progresser ensemble la réussite économique, à travers la transformation de notre offre, et l’évolution de notre modèle économique à l’ensemble de notre Groupe.

On entend aujourd’hui tous ces propos un peu partout, mais dans la réalité chez vous, comment cela se passe ?
C’est vrai, aujourd’hui, on parle beaucoup de nouvelle économie, d’entreprise libérée, de mode collaboratif …. Le monde est en recherche d’autre chose. Cette autre chose, cette différence, se vit tous les jours au Groupe, depuis plus de 50 ans, à travers notre modèle économique.
Chez nous, deux principes marquent cette différence :
- Le partage des décisions. Dans notre entreprise, les décisions importantes sont prises par un Conseil d’administration composé de salariés élus. Ces salariés, au-delà de la pratique de leur métier, s’engagent pour 4 ans. Ils participent aux décisions de l’entreprise, ce qui garantit une volonté de développement économique dans un souci d’équilibre social et sociétal.
- Et le partage de la valeur. La moitié des résultats est partagé entre les salariés-sociétaires et l’autre moitié est une réserve d’investissement pour la pérénité de notre entreprise.

Mais est ce que ce modèle ne vous donne pas plus d’obligations qui ralentiraient votre développement ?
Au contraire, ce statut nous permet énormément de liberté. Nous sommes libres et indépendants. Nous pouvons prendre des décisions qui s’inscrivent dans le long terme. Nous pouvons plus facilement concilier performance économique et utilité sociale.
Ce modèle nous donne la liberté de sortir du cadre et nous permet plus d’audace.
Mais cela nous impose d’entretenir une relation de confiance avec nos salariés-sociétaires à qui nous diffusons beaucoup d’informations, de communication en toute transparence et d’observer, d’écouter, de s’inspirer en permanence de ce qu’il se passe à extérieur.

Est-ce que ces raisons ont motivé votre choix d’élargir la coopérative ?
Oui, parce que notre force, c’est notre modèle d’entrepreneuriat. Ce modèle fait preuve de pertinence et de performance pour le plus grand nombre. Pour cette raison, nous avons souhaité l’élargir en intégrant trois filiales historiques et leurs salariés, en France, portant à plus de 700 le nombre de sociétaires au sein de la coopérative.

C’est bien 700 sociétaires mais ramené à vos 3.400 salariés, cela pose question ?
Oui c’est bien pour cela que notre ambition ne s’arrête pas là.
Nous avons la volonté d’irriguer nos principes coopératifs, bien connus en France, à l’échelle internationale. L’enjeu est que toutes nos filiales, dans nos 17 pays, participent par leur diversité, leur culture, leur savoir-faire… à réinventer et renforcer ce modèle singulier.
C’est une expérimentation à ciel ouvert. Nous ne pouvons nous appuyer sur aucun autre exemple.

Concrètement, ça change quoi pour vos clients ?
Nos salariés sont sociétaires, actionnaires, et sont donc des salariés impliqués, engagés chaque jour, dans la recherche de la satisfaction de nos clients.
Je pense qu'aujourd’hui dans un monde un peu perturbé par des excès et des malaises sur des systèmes politique, financier, démocratique…, un acteur économique qui dépasse les portes de son entreprise, qui agit et met des moyens au service de l’équilibre entre sa propre réussite et son impact sur la planète, les décisions qu’il prend dans son environnement sociétal...cela fait sens. Nos clients y sont sensibles.

Dernière question : depuis votre arrivée, vous avez également transformé le nom du votre Groupe et installé une nouvelle signature de marque dans le monde entier…
Oui nous nous appelons Up dans le monde entier et notre signature « ça fait du bien au quotidien » vient enrichir et nourrir notre marque.
Nous avons une vision. Nous considérons qu’une économie au service de l’Homme et de son environnement contribue au développement d’une société plus harmonieuse.
Nous nous sommes fixés une mission qui est de connecter les individus, les entreprises et les territoires en développant des plateformes de gestion, de relations, de transactions qui contribuent au bien-être et à la performance.
Faire du bien au quotidien, c'est mettre tout en œuvre pour apporter chaque jour ces petits plus qui contribuent à améliorer la qualité de vie. Et je crois que nous avons tous besoin d’une touche d'optimisme et de bonne humeur.

Interview de Catherine Coupet President and CEO of Up group